SÉLECTIONNEZ VOTRE VILLE

Rhône
  • Lyon
  • Vienne
  • Tarare
Loire / Haute-Loire
  • Saint-Étienne
  • Roanne
  • Le-Puy-en-Velay
  • Yssingeaux
Puy de Dôme / Allier
  • Clermont-Ferrand
  • Vichy
Ain / Saône-et-Loire
  • Bourg-en-Bresse
  • Mâcon
  • Bellegarde
Ardèche
  • Aubenas

Cliquer pour télécharger
l'application Radio Scoop

PROCÈS D'UNE FRATRIE DE VAULX-EN-VELIN : UN PROJET DE BRAQUAGE MAIS PAS D'ATTENTAT

Mardi 13 Novembre - 05:08

Actu. locale


Une équipe du GIGN. - © © Mika / GIGN
Que comptait faire Reda Bekhaled de sa Kalachnikov? Cet homme, jugé aux assises avec cinq membres de sa fratrie, est accusé d'avoir voulu commettre un attentat dans la métropole lyonnaise en 2014, mais il nie en bloc et affirme qu'il projetait un braquage.

À ses côtés dans le box des accusés sont assis sa soeur Farida et un de ses frères Karim. Ses trois autres frères sont également jugés depuis lundi mais par défaut, car ils se trouvent toujours en Syrie où ils sont partis combattre dès 2013. L'un d'eux serait mort, peut-être dans des bombardements, selon Reda Bekhaled.

Cette fratrie et neuf autres personnes sont jugées devant la cour d'assises spéciale de Paris jusqu'au 30 novembre pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste.

Passibles de 20 ans de réclusion criminelle, ils sont soupçonnés d'être impliqués dans une filière d'acheminement de combattants vers la Syrie pour l'organisation État islamique (EI), et, pour Reda et Karim Bekhaled principalement, dans un projet d'attentat.

Reda Bekhaled, ancien membre du groupuscule islamiste radical Forsane Alizza dissout en 2012, est la personne centrale dans ce dossier.

C'est avec lui que le président de la cour d'assises commence les débats. Reconnaît-il son rôle dans une filière d'acheminement de combattants vers la Syrie? "J'ai envoyé des gens qui voulaient combattre Bachar al-Assad. J'assume totalement". Quand le président lui demande combien, il sourit. "Plusieurs dizaines. (...) Mais que je sois là ou pas, elles y seraient allées".

En revanche, il conteste tout projet d'attentat. "Un braquage, oui. Ca a été envisagé, mais il n'y a pas eu de passage à l'acte". Reda Bekhaled possédait une Kalachnikov, un revolver 8mm et un fusil à pompe.

Il affirme que dans un premier temps, avec ces vols, il voulait envoyer de l'argent à ses frères en Syrie. Mais ces projets de braquage n'ont pas abouti. "Je n'en étais pas capable", affirme l'accusé.

Le président semble peu convaincu: "Vous avez pourtant l'air déterminé". Mais Reda Bekhaled, considéré comme une figure de la mouvance islamiste de la région lyonnaise, se présente comme un "amateur", "quelqu'un d'indécis".

Il avait été arrêté en septembre 2014 à Vaulx-en-Velin, dans la banlieue de Lyon. La section antiterroriste du parquet de Paris avait ouvert une enquête deux mois plus tôt sur une filière d'acheminement de candidats au jihad en Syrie. Mais l'interpellation a dû être précipitée, car les enquêteurs ont acquis la conviction que Reda et Karim Bekhaled allaient passer à l'acte.

"Des sous aux frangins"


Quand ils sont entrés dans l'appartement de Reda Bekhaled, un drapeau de l'EI trônait sur la télévision.

Dans une conversation sur la messagerie WhatsApp, il disait qu'il voulait "les crever ces chiens", qu'il préférait "les combattre ici", "comme Merah", l'auteur des tueries dans le Sud-Ouest en mars 2012.

Mais devant la cour d'assises, il affirme qu'il cherchait des prétextes pour ne pas aller en Syrie: "C'était pour donner le change avec mes frères". "Je ne suis pas un combattant", a affirmé l'accusé, un barbu aux longs cheveux bruns couvrant en partie un visage pâle.

Mais selon les enquêteurs, Reda Bekhaled serait allé jusqu'à chercher une lettre d'accréditation auprès des chefs de l'EI, qui aurait permis à l'organisation de revendiquer l'attaque.

Or pour un commissaire divisionnaire de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) interrogé par la cour, il n'y a pas de doute: "Des cadres de l'EI ne vont pas s'amuser à valider des projets de braquage".

Son frère Karim ne reconnaît pas non plus avoir eu un projet d'attentat, et nie de plus avoir participé à une filière d'acheminement.

Farida Bekhaled, l'ainée de la fratrie, reconnaît elle avoir donné de l'argent à ses frères: "J'ai donné des sous aux frangins, je suis comme ça, moi", a-t-elle déclaré.

Leur mère devrait venir témoigner la semaine prochaine.

Avec AFP


@RadioScoopInfos